J’ai longtemps hésité à créer un blogue.

Outre les préoccupations d’usage — « ça va faire dur », « je saurai pas sur quoi écrire », « je vais arrêter au bout d’un mois » — la question qui me chicotait le plus, c’était celle de la langue. Devrais-je écrire en français — la langue de mes parents, de mes grands-parents, de ma meilleure amie et de mes copines d’université — ou en anglais — la langue des téléséries, de mon copain, d’une belle poignée d’amis et de ma vie sur Internet?

La question peut paraître bizarre, mais elle se pose. Je suis née à Montréal en 1992, trois ans avant le deuxième Référendum sur la souveraineté. J’ai grandi dans une famille francophone, plutôt souverainiste et très radio-canadienne. Chez nous, s’exprimer dans un français impeccable était source de fierté. Quant à l’anglais, on n’y était pas hostile, mais on ne faisait pas non plus de pirouettes dans la langue de Shakespeare, et ce n’est que vers l’âge de douze ans, après une année scolaire passée en « immersion anglaise », que j’ai décidé de vraiment m’y mettre.

Adolescente, donc, je dévorais les séries, la musique, les blogues anglos, tout en continuant de lire des livres en français. J’ai même écrit des poèmes dans les deux langues, qui existent aujourd’hui encore, bien cachés (heureusement) dans les profondeurs d’Internet. Éventuellement, j’ai commencé l’université (en français) et pris un emploi de bureau. On m’y a confié toutes sortes de tâches, dont beaucoup m’ont forcée à pratiquer mon anglais avec toutes sortes d’interlocuteurs d’un peu partout dans le monde. Puis, il y a trois ans, j’ai rencontré mon copain, un charmant étudiant anglophone, américain de surcroît, qui ne parlait à l’époque pas un traître mot de français et qui m’a présentée à tout un petit groupe d’amis tout aussi anglophones (et tout aussi charmants).

Tout ça pour dire qu’à presque-25-ans-toutes-mes-dents, je vis moitié en français, moitié en anglais, et que c’est très bien comme ça. N’empêche, lorsqu’il a été question d’écrire dans le format complètement libre et très personnel du blogue, je n’ai jamais vraiment su trancher. Finalement, j’ai réglé la question… en ne tranchant pas. Ce blogue sera donc joyeusement bilingue, pour le meilleur et pour le pire. Et bien que j’étudie la traduction, j’entends faire de mon mieux pour éviter de faire dans la traduction de billets, d’une part parce que du transfert linguistique, j’en fais déjà ailleurs; de l’autre, parce que ça me semble autrement plus drôle (et plus intéressant) de laisser les sujets et les envies dicter le choix de la langue.

À très bientôt,

—s

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